La période antique

Le saviez-vous ?

Ce sont les Tricastini, peuplade gauloise qui donnèrent leur nom à la région. Il semble qu’ils édifièrent une ville sur la colline de Barri (du celte « Bar » signifiant rempart) appréciable pour sa position défendable dominant la vallée du Rhône. Cet oppidum (habitat fortifié de hauteur) devint capitale des Tricastini du IVè à la fin du 1er siècle avant J.C. avant l’occupation romaine. La présence des Tricastini dans la plaine est par ailleurs attestée par un habitat du Vè siècle avant notre ère découvert dans la cour de l’hôtel de l’Esplan, dans le centre historique de Saint Paul Trois Châteaux.


Augusta tricastinorum, Capitale du Tricastin gallo-romain


Sous l’Empire romain, une véritable cité fut fondée dans la plaine au détriment de Barri, site perché ne permettant pas un développement urbain classique.

Située dans un vallon semi-circulaire entouré de collines, Augusta Tricastinorum devint alors la capitale du Tricastin Romain au cours de la Pax Romana. Elle aurait été élevée au rang de colonie latine de la Narbonnaise, Municipe détenant le pouvoir politique et administratif, représentant Rome, honneur dont peu de villes de la Province romaine peuvent s’enorgueillir. Elle fut dotée d’une enceinte s’inscrivant dans une centurie d’un des cadastres romains découverts à Orange.

Cette période nous a légué des collections archéologiques d’un intérêt culturel considérable, aujourd’hui propriété du Musée d’Archéologie Tricastine. Concernant l’organisation, de la ville antique intra muros nous sont parvenus quelques vestiges datés du Ier au IIIè siècle dont une mosaïque d’une dimension exceptionnelle (104,40 m2). Des indices témoignent d’une activité artisanale et résidentielle dans un autre quartier comme celle des bronziers.

Aucun édifice public n’a été conservé excepté un mur en grand appareil percé d’une porte mais l’ampleur de la ville n’a été véritablement révélée que lors de la mise au jour d’un site majeur :
la nécropole (ou cimetière) gallo-romaine du Valladas.
Ce quartier se trouvait alors en dehors de l’agglomération selon la coutume antique. Plus de 240 tombes datables du Ier au IIe siècle ont livré de magnifiques objets accompagnant les défunts dans leur voyage : des éléments de parures, des miroirs, des services entiers de vaisselle, des lampes à huile, des médailles (monnaies)…

Au Bas-Empire, la puissance de Rome s’affaiblit. Et au IVè siècle alors que la Gaule romaine se christianise, la cité devint siège d’un évêché et fut rebaptisée Civitas Tricastinorum.